Jeunesse (1936-1957)

1936
9 Mars à Paris, rue Championnet.

1937
Séparation de Père et Mère.

1938
Ma mère veut que je sois danseuse.
Je ne veux pas être danseuse. Tutu-Pouf.

1940
Blanc-Mesnil en banlieue nord de Paris, avec Pépé et Mémé Portal.
Depuis toujours, souvenir de l’omelette aux pommes de terre et du pain perdu.

Argenton-sur-Creuse dans le Berry, chez tante Andrée institutrice douce et sévère.
Le dimanche pâté en croûte du Berry, et brioche pur beurre.
Et l'oncle François instituteur sévère, avec coup de règle sur les doigts joints.
Dans les tranchées pendant la guerre de 14-18, il enverra 1500 lettres quotidiennes
à sa femme. …tout va bien, sois tranquille, suis évacué, çà va toujours bien, ne sois pas inquiète, encore une fois sain et sauf…
Des années plus tard il sursautait encore au moindre bruit.

Du pain perdu à la brioche pur beurre, il y avait deux mondes.






1943
Commence la ronde des pensions et des colonies de vacances.
Lors des retours à la maison, j’habite chez mon père à Levallois-Perret.
Je rêve en lisant Mandraque le magicien, et Les aventures d’Arsène Lupin.
Chez ma mère rue de Saint-Marceau, je bricole, lis et dessine.
Première colonie de vacance à Loctudy en Bretagne.
Plage de puces de sable, puces sauteuses, puces piqueuses. Au loin, rumeurs de la guerre.

1944
A Marly-le-Roi chez les Michaux, pour m’éloigner des bombardements sur Paris.
L’orée sombre d’un grand parc commençait au bout de la cour. C’était la forêt je crois.
Une bombe tomba dans le jardin derrière le pavillon, sans me réveiller.
Dans la baratte, le lait a bien tourné et le beurre est bon. Il sent le foin.

1945
Montreuil-Bellay village de mon Père et de mes grands parents Portal.
Entre 1941 et 1945 la promenade du village était d’aller voir des gens engrillagés.
Je ne comprenais pas pourquoi. J’ai compris le Mardi 10 Août 2010.
C’était le plus grand camp d’internement de Tsiganes en France.
Aujourd’hui il est classé aux monuments historiques.

Colonie de vacance à la Ferté-Saint-Aubin. Au loin, les canons sur Orléans.
Trappes, première pension. Voulant fuir, on me retrouve dans une cage à lapin.
A l'Institut Barral à Neuilly, suis renvoyée plusieurs fois pour impertinence.
Merde à l’une des religieuses, et le ballon rond, envoyé par maladresse, dans leurs jupons.






1946
Reste dix jours, à l’école de la rue Ampère.

1948
Pension à Saint-Germain-en-Laye,
où l’on essaye en vain de me persuader que le Bon Dieu c’est la vie.
Première lecture sous mes draps avec une lampe de poche, la lecture étant interdite.
Je lis ainsi le Cousin Pons de Balzac.
C’est encore la guerre et les coquillettes sont aux charançons.

1950
La Garenne-Colombes, dernière pension. Rencontre Nicole Terrassier amie de la jeunesse.
Je n’ai rapporté de ces années pensionnaires aucun diplôme,
seulement un grand plaisir à dessiner dans les marges de mes cahiers.
Avec mon père, découvre les flaques de la plage de Trouville. Elles paraissaient immenses.
Dévore des yeux les pyramides de crevettes grises, sur le Port de la Touques.
Bruges m’émerveille. Il se passe quelque chose ici.



1954
Je reviens habiter chez ma mère, rue de Saint-Marceau.
Encouragement de mon Père, pour commencer des études de dessin.
6 rue de Seine chez les soeurs Coutant, bretonnes aux grandes jupes.
L’une, nature, Suzanne, l’autre avec du rimmel épais.
Histoire de l’Art, perspective, croquis côté, nature morte, peinture à l’huile.
Sculpture antique avec l’esclave de Michel-Ange. Puis croquis rapides.
Croque au fusain, technique que j’apprécie pour le velouté de ses noirs, un modèle très beau, vieux monsieur digne et silencieux, modèle absent.
La rumeur disait qu’il avait été le modèle de Rodin pour le Baiser.
Petits cahiers de dessins remplis avec ferveur, petits cahiers perdus.
Gouache les mosaiques de Ravenne, le Mausolée de Galla-Placidia.
Théodora impératrice de Byzance, retable, statuette en ivoire.
Découvre le jaune de Naples lumière de toute peinture.
Pendant les pauses lectures, Anna Karénine, les frères Karamasov.
A la maison Edgar Poe, pour le mystère, le pourquoi, le comment.
Arthur Miller le cauchemar climatisé, Sexus était caché mais je savais le trouver.
Steinbeck, Les raisins de la colère, Lolita.



1954
Ars-en-Ré, première vacance seule chez l’habitant.
Aquarelle les toits d’Ars, huile le chenal du port, trace au fusain les mâts des bateaux
sur la peinture à l’huile.
Photographie les copains, une vague. Il ne reste que la vague.
Sur la place d’Ars, les huîtres claires au goût iodé avec petit vin blanc troublé.
Le charme de cette île n’est plus à décrire, tant il existe.

En automne, promenades dans Paris, avec ma Mère. Nous aimons Paris.




1957
A Levallois-Perret, chez mon Père.
Ingénieur, inventeur, dessinateur, au milieu de ses piles de plans de mécaniques.
Il m’apprend à développer les photographies dans l’évier de la cuisine.
Papa a son bureau, Papa au jardin, Mémé Mélanie buvant sa soupe.
La vague.
Retrouvé ses dessins de jeunesse, une lettre de ses espoirs.

Rencontre avec Jean-Michel Folon.
Sans le connaître j’avais gardé une page de ses dessins.
Elle était parue à la dernière page de Paris-Match, le 17 Novembre 1956.
Dernière page réservée aux dessinateurs, Bosc, Chaval, Sempé, André François.





Bougival (1957-1960)

1958
Je retrouve Jean-Michel tous les jours à Bougival, dans un pavillon de jardinier.
Au printemps, l’abondance des feuilles d’un châtaignier cache la Seine.
Nous dessinons côte à côte. J’apprends de lui, il apprend de moi.
Il dessine sur un vieux pétrin en bois de chêne offert par sa mère.
Je dessine sur une vieille table en fer aux pieds élégants.
Le pétrin et la table sont toujours là, comme si le temps était encore à la même place.
Découverte de Bruxelles, de Knokke-le-Zoutte.
La mer du Nord, grise et verte comme une huître.
James Ensor à Ostende, Magritte, moulins du plat pays. Anguilles au vert, gaufres au sucre.
Gueuse ou kriek à la cerise, donnent une certaine ivresse joyeuse.



1959
Jean-Michel me présente à Marcel Haedrich, directeur artistique de Marie-Claire.
Il commande 3 dessins de fourmis, chacune dans son activité, sa mission.
Je ne connais rien à la vie des fourmis, et je crois qu’il se moque.
La lecture de Maeterlinck, Max Von Frisch, Jean-Henri Fabre, complète mon ignorance.
Début d’une longue série, intuitive et spontanée. Je suis fourmis.
Je lui apporte 35 encres de Chine. La Vie d’une Reine sera publiée en bichromie sur 8 pages.
Dessine des cartes postales pour Noël, vendues aux amis de mes parents.
Je pourrai ainsi faire un cadeau à ma mère.



Mauregard (1961-1963)

1961
Mariage avec Jean-Michel Folon à Mauregard le 20 mars 1961.
Jean Michel décide d’imprimer Le baiser des fourmis pour notre carte de mariage.
Nous demeurons à l’ancienne Auberge du gai fantôme, en face de l’église, à l’angle de la rue où passent les moutons.
La vie est douce, aimante, riche d’échanges, drôle comme on dit en Belgique.
Pas d’argent. Mais les 300 kilos de pommes de terre achetées à la ferme, et la soupe aux pissenlits du jardin feront l’affaire. Extra soupe.
Amis de Belgique, Guy Bara et sa femme Anne.
Amis de Paris, Roland Topor, François Weyergans, Ylipe, Jacques Steinberg, Fulvio Roiter photographe de Venise.


1962
Premier voyage à Venise. Forte émotion.
Arrivés à la gare de Venise au petit matin. Au moment où la lumière affleure les crêtes des vagues sur le grand canal. En vaporetto et en larmes. Beauté.
Retrouvons Fulvio Roiter photographe de Ombrie terre de Saint-François.
Sa femme Lou Embo photographe également, venue de Belgique.
Sur la place Saint Marc, le Musée Correr. Rêve de Sainte Ursule de Carpaccio.
L’or des Primitifs, Le Titien, Giorgione, Bellini, Veronèse, ils sont tous là.
Meolo.
Avec la Mama de Fulvio et sa sœur dévouée, j’apprends la base de la cuisine italienne.
Au coin d’une ruelle de Venise, découverte du rizotto à l’encre de calamar.
Dormons à la Giudecca, à côté de la Basilique San-Giorgio-Maggiore.
En diagonale, vue imprenable sur la Place Saint-Marc.
Giovanni Canaletto, Francesco Guardi, peintres védutistes de Venise.
Palette des couleurs des îles Murano, Burano, Torcello, joyaux de la lagune.
Verres de Burano, dentelles de Murano, aussi fragiles qu’un son de cristal.
Au café Florian sur la place San Marco, subtilisé deux carafes.

L'été, Ascona au bord du lac de Constance.
Nous sommes invités par l’éditeur de La Vie d’une Reine.

Rencontre avec Julius Bissier. Début d’une correspondance.
Il m’offrira sa boîte d’aquarelles japonaise, restée intacte à ce jour.
Elle est là, sur ma table aujourd’hui. Parfois je la regarde, l’ouvre, la sent et la referme.
Comme le bâton d’encre frotté sur la pierre, son odeur si particulière a disparu.


















1963
Concremiers, village du Bas-Berry, pays de George Sand.
Brumes des étangs de la Brenne. Au bord de l’eau plate un chêne patriarche s’incline.
Dans la maison de mes arrières grands-parents Longuet Jacquelin, il y a au bout du jardin en pente douce, une rivière, l’Anglin.
L’eau y était encore transparente, et Jean-Michel aimait y pêcher.
François pieds dans l’eau, pipe à la bouche, enregistra les bruits de la rivière.
Tartes aux pommes de mamie Jane, tarte à la cassonade, aux oignons, à la tomate.
Pour la tradition, le gigot de Pâques aux haricots blancs.
Et un jour, j’attends un enfant. Joie familiale.
L'été, Découverte du Val Camonica en Italie du Nord, et de ses gravures rupestres.



Rue de l'Echaudé (1963-1968)

1963
Nous quittons Mauregard pour Paris, 29 rue de l’Echaudé.
28 novembre, naissance de notre fils François. Premier sourire.
Entre les biberons, les langes, les courses, la soupe et l’aspirateur,
j’entreprends à l’encre de Chine La Vie des abeilles.
Dessiner les abeilles vues de l’intérieur. Après avoir été fourmis, je devins abeille.
Voler, danser, butiner, sucer, s’ébrouer, renifler, copuler, piquer, ventiler, nettoyer.
Et recommencer.
Quelques premiers essais a l’aquarelle, pour différents magazines.
Jean-Michel réalise les décors pour Félicien Marceau.

Concremiers.
Visite du Château de Forges, forteresse féodale surplombant la vallée de l’Anglin.
Amsterdam.
Exposition André François, que Jean-Michel admirait.
Rijks Museum, Musée van Gogh : jaune, ocre, outremer, et pépite rouge.
Rembrandt : brun-caramel, sépia, bistre, terre d’ombre ou de Sienne, brun Van Dyck.
Le quartier rouge avec les vitrines éclairées des dames déshabillées.
Voir la ville sur les canaux concentriques, et les reflets des maisons qui les bordent.
Tartines gouda, sur planches en bois, anguilles au vert, comme en Belgique.






1964
A l’Echaudé, les amis Roland Topor, Fulvio Roiter, François Weyergans
et sa femme Mylène viennent souvent.
Roland déboule souvent dans les escaliers, devancé par son rire inimitable.
Avec Jean-Michel ils dessinent ensemble une série qui s’appellera A la loupe.
François parlait beaucoup de cinéma, de lecture, d’œuvres de peinture.
Voir ses court-métrages, Hieronymus Bosch…Relire ses lettres.
Mylène, érudite, ne savait pas faire une salade de tomates sans les ébouillanter.
Coutume barbare, qui enlève le goût du cru, et révèle une tomate molle.
Fulvio parlait de ses voyages en Ombrie, Andalousie, Brésil, le Val Camonica en Italie.
Il voyageait toujours avec ses pates, qu’il faisait cuire à la maison.
Paolo Lionni venait aussi, pas souvent, mais régulièrement.
Grâce à lui, rencontre avec Fabio Coen éditeur de The Honeybees à New York.
Les jours à l’Echaudé s’écoulaient heureusement.
Une photo prise à l’Echaudé vers 1964, devant la porte de la chambre de François,
retouchée par Jean Michel en 1982, pour le catalogue du Musée Ingres à Montauban.







1965
Italie. Eté.
Nous suivons la route du Chianti jusqu'à Chiavari, où Nora et Leo Lionni nous attendent.
Auteur de Little Blue and Little Yellow, livre sur le racisme et l’intolérance.
Pour les enfants. Pour tous.
EAU, premier mot balbutié par François un jour de grande chaleur.
Sur un tableau j’ai écrit la lettre O, ce fut son premier mot, puis dans un élan A, E, I, O, U.
Rencontre avec Alfred Tomatis, dont la Méthode aida à démêler la parole.
Ravennes.
Au milieu d’une pinède repose le Mausolé de Galla-Placidia. Fenêtres operculées d’albâtre.
Les mosaïques au bleu si profond s’étendent au sol, recouvrent les murs, soutiennent les coupoles. Colombes, moutons, fontaines, ciel étoilé, feuilles d’acanthes.
Harmonie d’un monde en paix.
A Milano avec Paolo Lionni, nous découvrons La Galleria Vittorio Emmanuele, le salon où l’on cause, le Castello Sforzesco, l’atelier Morandi, la Cène...
Rencontre avec Gregory Corso poète de la Beat Génération.
Chianti, spaghetti, minestrone.
Disparition de Julius Bissier. Sa femme Lisbeth nous transmettra plus tard une encre de chine pour la naissance de François.













1967
New York la première fois. Terrifiée, captivée par la ville. Les musées. Tous à voir.
Rencontre les dessinateurs américains, Bob et Moisha Blechman, Milton et Shirley Glaser.
Les écureuils à Central Park viennent manger au creux de la main.
Chinatown où nous retrouvons Alain Resnais devant un plateau tournant.
Sur le plateau, des petites soucoupes contiennent un délice. Choisir.
Le total de la pile, fait l’adition.
Massachusetts aux paysages si romantiques, chez Fabio Coen mon éditeur.
Les fermes ocre-rouge, sans barrière, sans frontière.
Le jambon de Virginie aux clous de girofle, miel et patates douces.
La Création du Monde.
Pour la première fois, prise d’émotion avec l’aquarelle.
Diverses parutions dans les magazines, couvertures de poches…
L'été en Italie, encore et toujours.
Le Val Camonica en Lombardie et ses gravures rupestres millénaires.
Elles se révèlent au levé et au couché du soleil, à fleur de la pierre bleutée, quand la lumière oblique rase le dos du rocher.
Concremiers, le château de Forges s’impose, les étangs de la Brenne s’évaporent.
27 novembre : Une deuxième joie, naissance de Catherine, notre fille.








1968
Rue de l’Echaudé, le premier argent gagné, par Jean Michel.
Mai. «Les événements» dans tout le quartier Saint-Germain-des-Prés.
Rue de l’Echaudé, les gaz lacrymogènes passent par toutes le fissures.
Barricade les fenêtres, surtout celles de la chambre des enfants. Je suis seule.
Jean-Michel est en voyage d’affaires. Plus rien à faire. Il s’est perdu.
Quelques photos Rue des Saint-Pères.
Dans l’un des premiers quotidiens parus après le mois de mai, je lis Vue imprenable plus dépendances, à Burcy Seine-et-Marne.



Burcy (1968-1971)

1968
Juillet, par une chaleur vibrante, avec Philippe Corentin et François Barré,
visite de la maison, la cour, les granges, l’étable, les dépendances,
l’espace vert derrière la grange, et la vue imprenable. La maison d’une vie.

1969
New York, avec Jean-Louis et Jacqueline Bloch-Lainé. Chelsea- Hotel.
Grâce à Milton Glaser, rencontre avec Rudi.
Connaisseur et collectionneur de cerfs-volants et de peintures hindoues.
Jean-Louis fera pour un catalogue les photos des cerfs-volants de Jean-Michel.
Long-Island chez Bob et Moisha Blechman. Pic-nic sur plage.
Une surprise nous attend avec des marshmallows grillés !
Avec Jacqueline, ramassons des bigorneaux, comme en Bretagne, étonnées de les trouver là aussi.
Malgré un bon petit court bouillon maison, les amis américains refuseront de les manger.
Découvre les patchworks fait par des femmes, œuvres savantes et humbles,
parfois signées et datées. Le monument aux Artistes inconnues n’existe pas.
Woodstock dans le Connecticut chez Shirley et Milton Glaser.
Maison au milieu des bois, devant laquelle les raccoons sauvages viennent déjeuner
devant la porte, familièrement.
Septembre, Venise avec Jean-Louis et Jacqueline Bloch-Lainé.
Retour au Musée Correr. Les îles Murano, Burano, Torcello.
Jean-Michel m’offre un collier de verre. La lagune est un miroir.





1970
Le Premier cri inspiré par la naissance de François et Catherine.
Pour laisser cette suite romanesque dans son intégralité, telle que je l’avais conçue,
il a fallu batailler pour la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde.
L’éditeur américain refuse d’éditer le livre avec les aquarelles du zizi et du zozo dans leur réalité toute nue. Pudibonderie américaine, malsaine.
Finalement le zizi et le zozo seront imprimés.
Feux dans la plaine, et l’Eté, essais de l’aquarelle libre, comme Julius Bissier me l’avait suggéré. Elles ne me quittent pas.

Décembre, Japon.
Tokyo, Kyoto, la grande foire d’Osaka.
Grande découverte de Gibon Sengai peintre moine du XVIIIe siècle.
La peinture à l’encre l’Univers a fait le tour de la terre.
Dans sa maison à Kyoto, dîner au ras du sol. Une Geisha souriante apporte toutes les saveurs.
Trois fraises et un grain de sel. Cru-cuit, salé-sucré, chaud-froid. Harmonie.
Visite le temple Saito-Ji, temple de la mousse, la Villa impériale Katsura.
Nous sommes invités pour une expo de Jean-Michel. Tout est programmé.
Essayons de nous échapper, pour découvrir la vie dans la ville, visiter les marchés, chiner les papiers de riz, les pinceaux fabuleux, les makisus laqués noir ou rouge détournés de leur emploi initial, en enroulant les pinceaux dedans.
Les imitations des plats à consommer en vitrine des restaurants, atteignent la perfection.
Les nouilles au vinaigre de riz surprennent, puis séduisent.
Le Japon est un sourire.
Burcy, Maurice Albray grand dessinateur de textile pour Saint-Laurent.
Il dessinera aussi les costumes de Landru, film de Claude Chabrol.
Vient vivre quelques temps à Burcy, avec ses cochons d’Inde et en peignant des jacquards.











1971
24 mai à Burcy, un matin comme un autre, Catherine s’en va dans mes bras.

Continuer le début de La Nature racontée, et neuf ans plus tard, balbutiements du texte.
L’éditeur reprend toute la conception et l’édite à son nom.

Boulevard Brune (1971-1979)

1971
L’atelier du peintre Jan Voss devient mon premier atelier.
Découverte du monde latino avec Julio Silva. Rencontre de Julio Cortazar.
A Saignon dans sa maison près de Apt, une soirée argentine.
Carne grillée sur le feu de bois, empanadas fameux par Julio et moi-même.
Lecture : Cortazar Les Armes secrètes, Garcia Marquez, Vargas LIosa…
Italie.
Carrare ville du marbre, montagne de Michel-Ange.
Dans les ateliers viennent travailler les sculpteurs du monde.
Photographie les sculptures de Julio, de l’ébauche dessinée sur le marbre, à sa forme révélée.
Dans la montagne, soirée polenta fumante, versée sur la nappe blanche.
Mémoire intacte de ce moment vrai. Pas de photo.
Dans les rues la socca fumante, purée de poix chiches cuite sur la tôle.
Sur la plage, comme dans la rivière, la pollution est présente.
Les fontaines coulent la nuit, coulent le jour.







1972
New-York, Hotel Chelsea.
Les musées, une fois ce n’est pas suffisant. Circle-Line absolument.
Central-Park tout un après midi sur l’herbe. Ecouter vibrer la ville au milieu de cet espace cosmopolite.
Ballade dans le Connecticut chez mon éditeur Fabio Coen.
Visite les petits musés des Indiens, pic-nic au bord d’un torrent.
Etonnement encore devant les fermes rouge-brique, sans clôture.
Parution d’un dessin dans le New-York Time. La pollution.

Grèce, Athènes.
Découverte de l’Art hellénistique.
Le joueur de Harpe en marbre transparent de Paros, le plus blanc, le plus pur.
Le joueur debout jouant de la double flûte, toutes le deux trouvées a Kéros.
Tête de femme par Le Maître de Goulandris, bronzes de Délos aux yeux enchâssés.
Mouvement du vent, dans les voiles des danseuses en bas relief.
Le sourire archaïque des Coré de l’Acropole, les statuettes de Tanagra.
Invités à l’île de Kos, au sud de la mer Egée, chez Jean-François et Anouck Grunfeld.
Arrivés au port à cinq heure du matin. Calme, douceur, tiédeur.
A Kos les poulpes sèchent au soleil sur les murs, sur un fil à linge, sur une longue perche suspendue entre deux tables, parfois les tentacules écartées, clouées cruellement sur la porte.
Les voisins de nos amis, déposaient devant leur porte, des feuilles de vigne farcies.
Musée archéologique de Rhodes, allée des phallus à Délos.
Saveur du poulpe grillé sur le port de Kos, et le retsina antique, parfumé à la résine de pin.
Dans l’île en face d’Athènes, couleur rose des pistachiers au printemps.
Dormir pour toujours au pied d’un arbre, l’humilité force le respect.












1973
Le Pense-bêtes, petites gouaches inspirées des cartes à jouer indiennes,
Jérôme Peignot, écrit le texte et trouva le titre.
Un magazine féminin en fera une série de coussin, sans que je le sache.
Un drôle d’oiseau. Sculpture d’un petit oiseau en terre, rapportée de New-York.
Elle inspira l’histoire d’un oiseau cherchant son œuf, ses origines.


1974
Visite à mon tendre père près de Montreuil-Bellay, village de sa jeunesse.

Espagne. Trop court séjour.
Barcelone et les peintures fabuleuses de Picasso, jeune.
Park Güel, construit avec des mosaïques de faïences cassées, et reconstruites.
Les Ramblas, marché populaire où je découvre les chufas fripées au goût d’amande.
Grenoble. Pour les Ballets Felix Blaska Un conte des mille et une nuit.
Projection des images sur écran géant, avec percutions de Jean-Pierre Drouet.



1975
Première exposition a la galerie Marquet. Tout vendu.

Gravures à l’atelier de Cailleville en Normandie, avec Christian Guérin.
Lieu champêtre, juste à côté des vaches regardant étendre les tarlatanes légères.
Elles sèchent au vent, lavées, adoucies pour enlever les dernières traces de l’encre,
déposées au pinceau sur la plaque de cuivre gravée en taille douce. L’eau forte.
La gravure précise l’image, et la pensée des images se précise.

Eté à l'Ile d’Elbe.
François fait des bulles avec son père, et les bulles font briller les yeux de François.
Grâce à Julio, rencontre avec Alberto Gironnella et Carmen Parra, artistes mexicains.
Lithographie du Volcan à l’atelier Clot rue Vieille du Temple.
Se croisent les artistes de tout bord, et de tous pays.
Réalise pour une commande, six petites lithographies sur le thème de l’eau.
Refusées après leur réalisation. Pas assez commerciales : Tendresse, Rivière, Labours.
Sur Tendresse, essai d’un jus d’aquarelle pour atténuer la déperdition des encres d’imprimerie.
Convaincue. A continuer.
La Flaque, inspirée d’une photo prise sur la plage de Kos, servira plus tard à Gérard Gasiorowski de palette, puis de fonds, et finalement sera recouverte de peinture, pour Le voyage avec Colette Portal.

Mexico. Le Musée d’Anthropologie est un choc, celui de Diego Riverra un monument.
Avec Carmen et Julio, visite privilégiée de La Casa Azul de Frida Kahlo.
Je ne connais rien à l’art pré-colombien. Je ne connais pas Frida Kahlo ni Diego Riverra.
Je lis tout, vois tout. Mais les photos sont interdites.
Je me souviens en entrant dans la Casa Azul du mur recouvert de couchers de soleil.
Petites peintures à l’huile de Diego Rivera. Sur la droite un crotale lové, en pierre. Un seul bloc.
Il y avait aussi dans le jardin des chiens de Colima, tout nus, sans poil.
On dit que certains indiens les élèvent pour les engraisser et les manger.
Masques mexicains, azulleros, Pyramide de Teotihuacan, Guernavaca,
la cuisine mexicaine dans des terres brunes vernissées est une fête.
Le poulet au chocolat par Carmen un étonnement, une douceur.

Projet de papier peint panoramique, pour la maison Zuber. Non réalisé.

Les aventures de Johnny Carracol bande dessinée pour un journal italien.
C’est l’histoire d’un escargot qui se réveille quant il pleut.
Il part à la recherche d’un coeur de salade et ne rencontre que des déchets.
Croyant voir son cœur, il se mimétise avec l’objet de ses désirs.
S’apercevant de son erreur il rentrera dans sa coquille jusqu’a la prochaine goutte.




















1976
Fonderie de Somma Campana près de Vérone.
Pendant que Julio travaille à la fonte de ses sculptures, ébauche 5 petites sculptures en terre.
Fourmis aux ailes déployées, bête à corne, personnage ventru…
Disparues, elles ne seront pas fondues.

Atelier de Cailleville.
En attendant que sèche l’encre des eaux-fortes commandées par la Galerie Marquet,
improvise une série de petites pointes sèches, façon d’apprivoiser la plaque de cuivre.
Christian Guérin à de l’or dans les mains, il le laissera filer entre ses doigts.
François grave ses rêves et s’amuse en découvrant la gravure.
La mer. Aquarelles inspirées par les falaises blanches de Saint-Valery-en-Caux.
Diapositives destinées à une projection sur plusieurs écrans, avec la musique de Debussy.
Le projet restera sans suite, sauf un petit catalogue bleu pour l’exposition à la galerie Marquet.
En 1983 la même commanditaire veut reprendre le projet. Chouette !
Mais elle découpera deux aquarelles pour la photographie des diapositives. Fin.
Arnoldo Calveyra, ami de Julio, me demandera des images sur son texte « Iguana, Iguana ».
Promenades au Jardin des plantes de Paris. Elle m’emportera au Jardin de Buffon.
Eloignement du monde de l’enfance. Approche du dessin et de la peinture.
«Photographier pour mieux dessiner, dessiner pour mieux vérifier l’instant photographique, pour restituer sa propre vérité, qui devient notre propre conviction», Bruno Gaudichon 1991.






1978
Commande d’un éditeur américain, Contes cruels de la forêt. Dessins et textes. Refusé.
Refus de l’éditeur de Paris, trouvant ces petites histoires cruelles, d’où le titre de la série,
en pensant au film de Nagisa Oshima en 1960, Contes cruels de la jeunesse.
Refus de cinq éditeurs. On pourrait écrire un livre : A la recherche d’un éditeur.
8 octobre, un soir à la télé le film Pandora de Albert Lewin.
Vous aimez la mer, première photo d’une longue série.
La recherche d’un éditeur est comme dit ci-dessus, une aventure.
Dix ans plus tard, Version originale est publié sur un malentendu avec l’éditeur pour l’exposition proposée par Bruno Gaudichon au Musée Sainte-Croix à Poitiers.
Ce livre qui ne devrait pas exister, est aujourd’hui épuisé.
En 1966 pendant le voyage à NewYork, j’avais photographié à la télé Les hauts de Hurlevent film de William Wyler en 1939 sans sous-titres.
Une image de cinéma, photographiée à la télé sans sous-titre, n’est qu’un document de cinéma.
Quelques dix ans plus tard, et encore aujourd’hui, continue à photographier la télé sans sous-titres.
Le choix d’un instant, avec où sans sous-titre, décide de son pouvoir d’évocation.
Premiers dessins Le Chaos immobile. Aquarelle et graffite.
Hiver. Rencontre avec Gérard Gasiorowski.










1979
Premier été à la bergerie, à Caves dans les Corbières.
Chez Colette Fontanel le vin et le vent des Corbières emportent la tête.
Discutions érudites et complices avec sa mère Gilberte Roustan.
A la lumière de midi, photographie les Sables Ephémères de Gérard.
A la plage des Cousouls, essai de mouillage, pied-mollet, mollet-pied, c’est tout.
Le soir sur la plage on retrouve les Bergers-Artistes-Parisiens.
Plus tard saucisses grillées, locales, gros vin rouge puissant.
Le clos est ouvert vers l’infini.
Au retour Gérard vient habiter Boulevard Brune.
Sur le coin à droite de ma table, je dessine un carré à la craie bleue, son espace, dans lequel il réalisera des œuvres, les nourritures, les Anamorphoses.
Suite photographique des œuvres de Gérard rue Louis-Blanc, cycle de Kiga.
La fin des Tourtes rangées dans des boîtes en fer blanc, s’avérera être un leurre.
Et pourtant il dit : c’est fini.





Cachan (1980-1983)

1980
Déménageons 27 rue Cousté à Cachan, dans des anciens séchoirs à linge.
La Bièvre est au bout de la cour. Recouverte, elle coule encore jusqu'à Paris.
Au petit déjeuner le soleil du matin éblouit l’atelier.
Octobre, Saint-Julien-du-Sault chez Margot mère de Gérard.
Première destruction par le feu de certaines œuvres choisies par Gérard.
A Cachan le soir, retranscrit ses activités du jour.



1982
Vernon chez Jacques et Marie-Rose Lortet. Deuxième destruction par le feu.
Avant de mettre l’allumette, Gérard met en scène la destruction de ses doutes, de ses tourments, ses brûlures, et tout objet est disposé selon sa vision de la destruction.
Avec Aurélien, fils de Marie-Rose et Jacques, Gérard réalisera trois œuvres. En riant.
Mai. Photographie toute l’exposition A.W.K. à la galerie Adrien Maeght.
Chaque été, la bergerie au milieu du thym et du romarin sauvage, entourée de cailloux bleus, de crottes de lapins et le soir de renards furtifs, silencieux.
Le jour, la plage des Cousouls, plage à pente douce, eau claire, et sans plastique.
C’est la plage des culs-nus. Le soir dans le clos, bruits silencieux, lumières du littoral.



1983
Dessins, plage, sieste, lecture, Forteresses de Salses, Châteaux Cathares.
Fromage de chèvre de la colline voisine, quelques amis, photographie jour après jour Gérard.
Je peins les cailloux de la garrigue en bleu, signal pour tourner à gauche vers la bergerie.
Avec les petites voitures cassées de François, il réalise Les garages, pour François.

Sur le retour à Cachan, visite de la maison du Facteur Cheval.
Fin des dessins du Jardin de Buffon. Prémices du Chaos immobile.
De Chaos en Chaos, trace une ligne de vie, des origines de la pierre sauvage jusqu’à la forme d’une pensée créatrice, la sculpture.



Rue de Saint-Marceau (1984-2007)

1984
Retour 2 rue de Saint-Marceau, pour quelques mois. J’y resterai 24 ans.
Après lui avoir demandé, François Mathey vient à l’atelier.
Il aime la Vague de Terra-Amata et me demande comment j’ai fait.
Je n’oublie pas son regard sur les dessins du Chaos, ni ses paroles.
Suis heureuse de cette visite.

1985
Au bord d’un torrent à Saint-Laurent-le-Minier, La Fabrique atelier d’animation.
Réalisation d’un court-métrage animé, Le Jardin de Buffon.
Une feuille tombe 85 fois sur un tas de feuilles mortes, deux poissons rouges se cherchent et se trouvent, un gorille solitaire se masturbe, l’œil de l’iguane nous regarde, un ballon roule et s’arrête brusquement.
Les Métiers. Commande de carte de visite commerciale.
Jolie sujet. Commande restée sans suite. Non commerciale !




1986
Après avoir convenu que nous nous verrions en août à la Fabrique, Gérard nous quitte brutalement, le 19 Août 1986.

Les Pains de la Terre.
Commande de carte postale pour l’Unicef à Strasbourg. Liberté du thème.
Choisis la Faim dans le monde, dont la première image évidente, est le Pain.
La carte postale, en général, étant la messagère de la communication, il aurait été bien de les vendre dans les boulangeries.
Et chaque année renouveler l’image par des artistes différents. Projet soumis, refusé.
Je ne me souviens pas de la première fois où j’ai pétri le pain.
Mais je me souviens que j’ai pétri à Mauregard dans la cuisinière à bois, rue de l’Echaudé dans la cuisinère à gaz, à Burcy dans une cocotte au couvercle fermé, à Concremiers, Boulevard Brune, à Cachan, à la Bergerie, cocotte en fonte sur la braise, rue de Saint-Marceau, et aujourd’hui à Burcy. Quant il est rassis il est encore bon.
Un souhait, faire cuire le pain sur des pierres brûlantes.







1987
Premiers dessins du Chaos immobile, aquarelle et graphite. Tout l’été.

1989
Exposition a Montbard dans les écuries de Buffon Le Jardin de Buffon.
Sans doute satisfait de cette exposition, le Maire de Montbard et ses administrés, m’offrent à mon étonnement, la médaille de Montbard. Première médaille.

Eté. Premières photos pour le Chaos immobile.
Longue et lente marche, par un sentier grimpant, escarpé, bordé de talus moussus.
Arrivée au milieu d’un impressionnant amoncellement de blocs de granite, «Les Pierres Jaumâtres» dans le Berry, sur le Mont Barlot.
Visite la maison de famille de George Sand à Nohant.

Près de Ganges, rare dolmen de Ginestou en forme d’amande. A la pleine lune.





1990
Visite de l’Abbaye de Fontenay en Bourgogne, invitée par un fan de Version Originale.
Sur le dessus du pilier gauche de la porte d’entrée, sculpture d’un chien inquiétant.
12 octobre, François entre à l’Hermitage, près de Nice. Murs fermés. Tristesse.
Aller-retour Paris-Nice, Nice-Paris, pendant 16 ans.
Un jour tu reviendras à la maison. Aujourd’hui tu es là.
La Vague de Terra Amata sur la plage de Nice, le soir.
Début de photographies pour un projet Le Sud. Couleur.
Une photographie d’un vol d’étourneaux décide d’un tryptique, l’Envol. Titre provisoire.
Suis fascinée par le vol insaisissable des étourneaux, que l’on appelle une théorie.
Comme depuis longtemps déjà, par la ruée des spermatozoïdes vers l’ovule, le vol nuptial des fourmis un soir de juin, ou les noces fécondes et tragiques des abeilles.


1991
Le Sidobre, 300 millions d’années. Grand magma granitique de pierres qui roulent.
Monts de Blond en Haute-Vienne, où la pierre et le végétal se confondent.

1992
Rencontre avec Lys Flowerday artiste Anglaise. Ame et cœur. Amie d’une vie.
Réalisatrice de Petite jeune fille dans Paris, d’après un texte de Marcel Béalu.
Elle obtiendra le 1er Prix d’animation à Marly le Roi, en 1994.
Nous nous croisons souvent à La Fabrique au bord du Naduel, filet d’eau coulante.
Les jours de pluies incessantes, la Vis et le Naduel se transforment en torrent.



1993
3 Janvier, François Mathey prend congé, définitivement.
Il est l’homme de la Culture que tout Artiste regrette.

1994
Début du tournage du Chaos Immobile, à Saint-Laurent.
Il est impossible de bouger les pierres, de les faire évoluer dans l’espace.
Aussi elles deviennent par la force des choses un décor fabuleux.
Devant ce décor immobile, se déroule l’animation, ballet incessant d’insecte dans leur pratique amoureuse, entre la permanence et l’éphémère.
Pour accompagner leur évolution, décors à son commencement, décors en son bouleversement, décors nocturnes bleus de nuit, indigo.
145 vagues roulent vers le rivage, 130 escargots jouent avec leurs cornes, les yeux d’un libellule reflètent la rivière, les tortues se cognent pour s’aimer, et les lucioles féeriques clignotent un message. En morse.


1995
Roubaix. Rendez vous au Lion.
Bruno Gaudichon commande un court-métrage pour le futur musée de la Piscine.
Photos de la piscine en l’état, avec l’eau glauque des ébats passés.
Mémoire du bruit de l’eau crachée, de l’écho des cris d’enfants, des rendez-vous.

Pour le tournage, story-board construit autour de l’architecture.
Dessins volontairement réalistes, archéologiques, pour souligner sa particularité.
En 2003, tous les Arts se retrouvent, dans l’harmonie d’un espace retrouvé.
Lente déambulation autour du bassin restitué, transformé en un plan d’eau sans ride.
Miroir dans lequel se reflètent les sculptures sorties de leur gangue de poussière, et des années cachées au fond des réserves secrètes.
La pensée s’envole au milieu des cris d’enfants, et plonge.
Beaubourg. Grâce à François Barré, je pourrai filmer une chronique sur Gérard Gasiorowski.
Elle s’intégrera dans l’exposition au Centre Georges Pompidou.
Tous les jours, le jour, montage de 800 photos de notre vie quotidienne.
L’Art et la vie indissociables.

Monaco. Photographie l’atelier de Jean-Michel, et de la fenêtre le port aux lumières artificielles.








1996
1 mai 1996, Edouard Boubat vient à l’atelier à Saint-Marceau.
Aperçoit et regarde une photo de Chatougris et la mouette, sur le rebord du balcon enneigé.
Nous parlons du gris dans la photographie. Remarque le côtoiement de la photo et du dessin.
Il demande un tirage de Eternité, un couple façonné avec le sable de la plage de Carrare.
Les artistes anonymes laissent ainsi leurs traces éphémères, au gré du regard des inconnus.
Cette même photo, parue le 4 mai 1983 dans Libération pour une série
Une minute pour une image, de Agnès Varda, avec un texte de Yves Montand.
Son texte me laissa perplexe. Je lui écris une lettre, que je ne lui ai jamais envoyée.
Droit de voir et de dire ce que l’on veut voir.
Si l’interprétation est aux antipodes de notre pensée, on peut en discuter.

Italie. Voyage à Naples, Herculanum, Pompéi, Oplontis. Et les citrons d’Amalfi.
Avant le départ, lectures nombreuses sur Pompéi.
Le premier livre lu vers 1965, La Gradiva de Willem Jensen.
Puis en 1974 le livre de photo de Antonios Mulas, Le cabinet secret du musée de Naples.
Quant le projet deviendra chair, lecture de Amédée Maiuri, l’Archéologue de Pompéi, accompagné par les somptueuses aquarelles de Louis Bazzani. Lecture de Henry Thédenat.
Vu les photographies de Giorgio Sommer, les gouaches napolitaines.
Toutes ces lectures, ces peintures, ces sculptures, toutes ces photographies, m’emporteront au pied du Vésuve. Voir Pompéi et vivre.
Mai, premier voyage à Pompéi avec Françoise Cuissard.
Déambulant dans les ruelles de Naples, vol de mon sac à l’arraché.
Dans ma main reste la courroie du sac en bandoulière. Je n’ai rien vu.
Adieu hôtel, bonjour camping Zeus situé à l’entrée des ruines de Pompéi.
Naples, Musée de Capodimonte, découverte de Artemisia Gentileschi.
Vu le film de Agnès Merlet, Révélation d’une passion.
Lu Artemisia de Alexandra Lapierre, lu La Passion D’Artemisia par Susan Vreeland.
A Pompéi, dans les ruines des maisons fragiles, restent les peintures destinées à l’effacement.
Dans la Via di Mercurio, entre la Villa di Méleagre et la Villa d’Apollon, une peinture.
La Dame de Pompéi, fascine par son regard figé, inquiet, presque effrayé.
Elle s’effacera lentement au rythme du vent, de la pluie cinglante. Comme une gifle.
Peinture perdue.
Le soir petit restaurant pas cher. Odeur et goût des calamars grillés, aillés, poivrés, persillés, goût de la mozzarelle, longue tresse blanche, transparente, de la montagne encore sans dioxine.
Décembre, premiers essais pour la Gradiva, la sculpture au pied léger.
Elle avance en soulevant les replis de sa robe, et fascine l’archéologue Norbert Harnold.
Photos documentaires qui aident a l’archéologie du dessin.
Photos photographiques, restituant une image intacte, confirmant que la réalité fait rêver et que le rêve est réalité.
C’est la force de Pompéi, car elle n’est pas un rêve mais une réalité.
« Il y a des cris dans tous les arts qui naissent ». H.de St. Blanquat.























1997
Deuxième voyage à Pompéi, avec Ina Delcourt et Bertrand Raison. Hôtel à Naples.
Musée Archéologique de Naples, où la Peinture protégée, regardée, est gardée.
Cabinet érotique, peintures, sculptures en marbre de la Prêtresse Eumachia de Pompéi, Amazone blessée, Apollon Citharède en porphyre rouge et marbre blanc.
Sculptures en bronze aux yeux vivants, tesselles des mosaïques aux couleurs infinies.
Colliers, verres, coupes, cruches en pâte de verre colorée, irisée.
L’or des colliers, des anneaux, des bagues, bracelets au serpent lové autour du bras.
A Naples encore, l’église aux mille ex-voto. Choisis Apollon.
A Herculanum, Bertrand s’isole au milieu des ruines. Secret.
Pompéi Via dei Sépulcri, villa des Mystères.
Circumvesuviana de Napoli jusqu'à Paestum. Les Temples sont en travaux. Revenir.
Fresque de la tombe du Plongeur. Fruits lourds des citronniers sur la route de la gare.
Le soir dîner sur le port de Naples. Folie du premier soir de l’an.





1998
Ecrire une lettre à Pietro Giovanni Guzzo Surentendant Archéologique de Pompéi.
Avec son autorisation, visite la Casa de Méléagre et navigue comme le vent.
Les citrons peints de la Villa di Méléagre.


1999
Troisième voyage à Pompéi. Avec Marcella di Negri. Petit tour habituel.
Les ruines de Pompéi dès l’ouverture, jusqu’au dernier soleil sans jamais nous lasser.
Murs en opus reticulatum, opus incertum, opus latericium, murs reconstruits,
restitués en opus mixtum avec les rencontres du hasard.
La Casa di Méléagre, où lieu la rencontre de Gradiva et Norbert.
Le soir, étonnement devant une petite auberge sur la place de Pompéi.
Elle ressemble à un chalet suisse. Nous y découvrons des huîtres de Bretagne.
Marcella en mangera trois douzaines. Calamars grillés, aillés, persillés feront mon délice.
Pour le retour de la fin du voyage, nous nous offrons le luxe d’un taxi.
Il avait une tête de bandit. Il était le plus gentil, nous protégeant de l’inattendu indésirable.
De la fenêtre du taxi, dernier regard sur le Vésuve.
Soulagée qu’il n’est pas jailli pendant la déambulation dans les ruines éteintes.

Roubaix. Début du tournage Rendez vous au Lion.
Comme pour Pompéi, dessins aux antipodes de l’imaginaire.
A la buvette, lieu de rencontre des nageurs tonifiés, le patron et la patronne servent à boire dans les verres dont la forme désigne le breuvage.
Choquer le verre en signe d’Amitié.








2000
Mai, quatrième voyage à Pompéi. Avec Christine Le Moing de Tissot.
Hôtel en face des ruines, à la porte de l’amphithéâtre.
Dés l’ouverture des lieux enfermés la nuit, déambulation au hasard, où se pose le regard.
Suivre le fil, laisser faire et accepter l’imprévu.
Passé la porte de l’amphithéâtre, les tombeaux de la nécropole romaine apparaissent de chaque côté de l’allée qui conduit à la Porte Nocera.
Via de l’Abondance, les Hommes-Artisans, maçons, mosaïstes, jardiniers.
Restaurent sans fin les ruines fragiles, ruines agonisantes. Leur magie s’effondre, lentement.
A la moindre secousse, au moindre tremblement, à chaque pluie douce ou diluvienne, les rigoles ruissèlent sur les dalles grises de la Via, emportant dans leur sillage les infimes parcelles des peintures résistantes, dernières traces encore visibles de ce qui fut la luxuriance, la splendeur, la beauté des choses quotidiennes.
Le rouge pompéien s’efface, les jaunes ocre d’or ternissent, les lapis-lazuli grisent.
Gravé sur les dalles en tuf du Vésuve, un phallus de 2000 ans indique la direction du Lupanar.
Toujours vigoureux, l’usure des pas qui le foule ne l’ayant pas encore effacé.
Les chiens, habitués et tolérés de ces lieux inoubliables, errent le jour, errent la nuit.

Echappée à Sorento au sud éloigné de Pompéi.
Marcher dans les ruelles étroites, frôlant les grappes de citrons charnus, les grappes des piments rouge brillant suspendus au seuil des boutiques.
Joueurs de cartes à l’ombre de l’Eglise. Ils ne nous voient pas, occupés à saisir l’As.
Retour par la route en corniche escarpée, au dessus des falaises déchiquetées.
Le long de la route, les citronneraies magnifiques abondent sur les collines en espalier.
Oplontis vite et sous la pluie. Revenir. Petit musée de Boscoréale. Revenir.
Napoli. Chapelle Sansevero, le Christo Velato de Giuseppe Sammartino. La Vie sous les voiles.
Au Cloître Santa-Chiara, les pilastres et les bancs en carreaux de majolique peints, invitent le visiteur au murmure, au silence, à cueillir les grappes de la vie.

Juin, Annecy. Photo au bord du lac pour la Gradiva marchant.
Françoise évolue avec grâce et complicité, le pied levé, imprégnée pour quelques instants
de son rôle de Gradiva.
Sur le dos de la montagne les vaches paissent. Au loin le Mont-Blanc se devine.
Dans les étables, l’odeur du foin, du fumier, du fromage de brebis. Les origines.
Soirée au bord du lac.




















2001
Roubaix. Deuxième tournage de Rendez-vous au Lion.
11 Septembre 2001.

A Paris, pendant que la Gradiva hante la fenêtre de l’atelier, une simple photocopie sur cellulo du premier dessin de la Gradiva, débuts des dessins de l’architecture des lieux de la piscine.



2002
Napoli. Exposition au Centre Culturel Français.
Voyage à Pompéi dessins, Prise de vie photos, Fontaines photos et dessins.
Rencontre d’un éditeur enthousiasmé par Fontaines.
Mais l’enthousiasme ne suffit pas. C’est l’argent qui décide.
Edition de cartes postales pour l’exposition, avec un texte de Bertrand Raison.
Editées par Cristina Taverna, de la Galerie Nuages à Milan.



2003
Musée Rodin à Paris. Visite de sa maison à Meudon, en 2005.
Suivre les points de basement, les croix, les traits, les chiffres, les écritures, tracés au crayon sur les plâtres blancs, pour l’exécution des sculptures en marbre.
En préparation Repérage.


2004
Début des photos numériques.
Marie-Rose et Jacques Lortet au café de la Palette.
Vernon. A l’ombre du cerisier, l’un des cinquante deux poulets de Jacques.
Le tas de fil de Marie-Rose, résidu de ses architectures. Son cœur brodé bientôt brisé.
Les maisons transparentes en perpétuel courant d’air, robe de mariée, souris, ailes de mouche, livres ouverts. Carcasses rigides de ses architectures aériennes.
Les entrelacs enlacés de Jacques, la sculpture qui marche dans une furieuse confusion.
Extrémités nouées, tordues, enchevêtrées, détournées, retournées, fixées, arrêtées dans un mouvement de contorsion douloureuse.
Disparition de Jacques Lortet. Maladie nosocomiale, octobre 2005.
Nous nous connaissions depuis 1977 pour une exposition au théâtre de Caen.

Noirmoutier. Douceur de vivre.
François creuse un chenal, celui du port de Noirmoutier.
Promenade dans les marais salés, au Musée de la construction navale, au Château,
où sont protégées les faïences de Jersey, que je ne connaissais pas.
Parcouru plusieurs brocantes pour trouver le bleu, le rose, le jaune, le vert, aux reflets dorés, cuivrés, rosés ou argentés, spéciale faïence de Jersey.

Septembre, Monaco.
Arrivée le soir sur le bateau Over the rainbow, avec François.
On se laisse vivre doucement quelques jours par le balancement des mouvements de l’eau.
Reflets changeants, reflets argentés, argent sans reflet.
Les miettes jetées par François et son Père, sont dévorées aussitôt par les fifichs.












2005
Février, participation à l’exposition des Paravents à Roubaix.
Comme une suite au Rendez-vous au Lion, Plongeon.
Fusain, acrylique sur dix toiles, assemblées dos à dos.
A la fin de l’envoi une calligraphie se dessine.

Septembre. Trois jours a Florence avec François.
Exposition de Jean-Michel, sans Jean-Michel.
Retrouvons Stéphanie Angelroth, directrice de la Fondation Folon à Bruxelles.
Eblouie par les fresques de Masaccio dans La Capella Brancacci.
Musée San Marco l’ancien couvent. Peinture du Silence.
En haut des marches, l’Annonciation de Fra-Angelico.
Dans chaque cellule des moines une fresque. Paysages aux couleurs douces. Sérénité.
Le Dôme, la ville, l’Arno, l’Or de Florence. Revenir.

13 Octobre, la pensée de Jean Michel nous quitte, renversé par une voiture.
20 Octobre, Mort officielle de Jean-Michel. Deux mois avant les délais du non-retour.

2 décembre, en revenant de Nice avec le TGV, la pluie glisse sur les vitres à grande vitesse
ne sachant où s’agripper pour arrêter sa course folle.
Les Larmes de la pluie courent et dessinent d’improbables chemins.
Elles disparaissent pour laisser la place à toutes les autres larmes.
Jusqu’à ce que le soleil revienne, et que la vitre sèche.
Le numérique est un jeu, facile, disponible a tous, n’importe quant, n’importe où.
C’est vite dit… Pour le moment je n’ai qu’un petit numérique.
Colères, encre de chine sur papier de riz. A maroufler. En construction…

19 décembre, Milan.
Sur le toit du Dôme, entre les ogives, dans les encoignures il y a abondance de sculpture.
Au Palazzo Reale exposition magistrale sur le Portrait l’Anima e il Volto.
Le voile sur le visage di Laura Battiferi, Caravagio, Pietro Belloti, Lorenzo Lotto, et la grande Artemisia.












2006
Derniers jours à Nice, François revient à la maison. Douceur, joie et bonheur dans ses yeux.

Petit voyage à Bruxelles que François aime tant.
Le soir sur la Place des Sablons dans un petit café ordinaire, une musique tzigane, nous enchante et nous fait chanter.


2007
Préparer l’avenir de François, n’est pas facile.
Lettre bouleversante de mon amie Marie Jaoul de Poncheville.
Nous nous connaissons depuis 1969 et avons travaillé ensemble.
Elle était Directrice Artistique dans un magazine pour enfant, avant d’être la réalisatrice merveilleuse de Molom, conte de Mongolie et Tengri, le bleu du ciel, au Kirghiztan.
A voir absolument.



Rue de la Fontaine au Roi (2008...)

2008
Justificatifs. Marouflage sur toile, des justificatifs des notes de frais pour François.
Bifteck, jambon, beurre, fromage, poisson, croissant, gâteau, petit pot, tabac, métro…
Ne pas oublier les allumettes pour allumer le feu.
Jus, calligraphie, encre, craie, ou pastel, courant en diagonale sur la toile marouflée.
Plusieurs panneaux à prévoir.

2009
Par un article sur Gérard Gasiorowski, (Worosis) l’autre visage de Kiga, rencontre avec Philippe Agostini, créateur du blog Appeau vert.
Découverte du Clos Lucé à Amboise. Enfin.
"Ecris ce qu’est l’âme", Leonard de Vinci.
La puissance de l’imagination m’accompagne comme une ombre.
Promenade de salle en salle, d’escalier en escalier, du chemin au chemin, d’une allée à une autre allée, et une fois sortis de ces lieux hantés, l’imaginaire est encore là dans sa toute puissance, et nous suit pour toujours.
Arbres séculaires du jardin de Chaumont-sur-Loire.
Dans le parc, photographie les photographies des artistes invités.
Bords de Loire qui s’étendent, qui s’étalent, et coule l’eau douce.
Le soir, lumières rose et bleu tendre se confondent.
Illusion d’un sfumato sur l’étendue des sables. Sourire.
Friture d’éperlans ou de goujon gobio-gobio, qui n’aiment que les eaux propres.
Petit vin blanc sec, arôme certifié des bords de Loire.

Avril. Petite Tête, photo et texte. Pourquoi est elle là ?
Commande de la ville de Cluny a l’occasion du 1100e anniversaire de l’Abbaye.
Exposition du Chaos Immobile, IUFM de Chaumont, où Philippe Agostini exerce.

Eté. Vu la Vie, projets en cours. Photos du monde, photos du quotidien. Dessins.













2011
Hopital Paul Brousse, petite rétrospective bénévole en 8 vitrines.

Burcy où nous allons souvent pour le jardin. Très important le jardin.
Pour les haricots verts violets, qui deviennent verts a la cuisson. Les meilleurs du monde.
Lys Flowerday et Gilles Bourlet à Burcy. Joie.
Promenade au grand chaos de la forêt de la Dame Jouanne, posé sur le sable fin.



2012
Fierté.
Bois taillés et bris collés sur appeau vert, par Philippe Agostini.

Commande de sculptures pour des pieds de lampe, en bronze.
Impatience de commencer le toucher de la terre, sans penser au pied de lampe.
Enlacement ou Eternité.

5 octobre, Versailles. Promenade imprévue.
Dans les jardins du château, la blancheur des sculptures éclate devant le vert des arbres séculaires.
C’est beau mais çà ne suffit pas. Approcher, contourner, chercher encore le regard.
Regard aveugle des sculptures. Ce n’est pas là qu’il faut chercher. Le geste ? La main ?
J’approche. Dans leur main tendue, une Offrande.
Début d’une série.








Paris, Octobre 2012



Famille (1865-1935)

Arrières grands-parents paternels
Marcellin PORTAL cultivateur au château de Tesson.
Madeleine CAILLE sans profession.
Demeurant au château de Tesson, Charente-Maritime.

Grands-parents paternels
2 avril 1865 : Alfred PORTAL vigneron, cultivateur, cheminot.
21 juillet 1866 : Herminie NICOLAS tailleuse.
Mariés le 16 janvier 1888 à Tesson.




Arrières grands-parents maternels
10 août 1857 - 5 février 1949 : Laurent LONGUET instituteur.
30 juin 1860 - 1 mars 1939 : Célestine JACQUELIN institutrice.
Fille de Désiré Jacquelin et de Jacqueline LONGUET.

Grands-parents maternels
31 juillet 1887 - 1918 : Stéphane ERNOUX ingénieur, mécanicien, voyageur.
Fils de Julien ERNOUX et de Clémence PROT.
2 octobre1885 - 12 mars 1944 : Marguerite, Marie, Thérèse Longuet institutrice.




Père
19 août 1904 - 15 février 1977 : Robert-Alfred PORTAL inventeur, ingénieur, artiste.

Mère
2 juillet 1913 - 14 avril 1997 : Jane-Marguerite Ernoux. Une belle Femme.


Robert PORTAL et Jane ERNOUX se sont mariés le 23 avril 1935.






Merci à Marie Jaoul de Poncheville, Lys Flowerday et Gilles Bourlet,
pour leur amitié indestructible, et pour leurs vifs encouragements.
A Gaël Rolland pour sa patience infinie.
A Philippe Agostini, à Julien Mannoni pour les accents, virgules, espaces,
minuscules et majuscules. A la troisième personne le t ou le s ? En italique ? En gras ?
Guillemets ouverts, guillemets fermés ?
Pour les trémas, appuyer sur la touche SHIFT, cliquer sur le tréma, lâcher la touche SHIFT et cliquer sur la lettre en question.